Plurigestion - Gestion De Fortune

Stratégie d’investissement

STRATEGIE

Trop gâtés

Les conditions préalables à un éventuel choc / crise de la dette se multiplient. Cela va certainement arriver dans les années à venir. Mais prédire son timing est malheureusement impossible

Avant cela, à court ou moyen terme, les probabilités d’une correction obligataire « normale » augmentent, elle pourrait coïncider avec une phase d’exubérance « irrationnelle », c’est-à-dire une ultime poussée des actions, alimentée par un enthousiasme grandissant de la part du public.

 

Les gains répétés créent l’addiction

La dernière décennie a imposé le réexamen, une véritable introspection aux économistes professionnels et aux investisseurs, qui basaient leurs prévisions et façonnaient leurs portefeuilles sur des théories solides et largement acceptées. En effet, les manuels ne les ont pas guidés pour naviguer dans un « cycle » très spécial. Les décideurs ont pris des mesures sans précédent qui n’ont pas alimenté l’hyperinflation ni rétabli une croissance décente. L’accumulation débridée de dettes ne semble plus être un problème. En résumé, les investisseurs conservateurs ont capitulé et les « marchés » se sont finalement habitués aux banquiers centraux qui jouent les apprentis sorciers, aux taux d’intérêt négatifs, à l’aléa moral, à l’évaporation (technique) de la volatilité, etc.

De multiples années de gains, en somme l’histoire sans fin de la reflation du prix des actifs, ont écrasé la vigilance des marchés

 

H. Minsky (1919-1996) se retourne plusieurs fois dans sa tombe

Souvent décrit comme un économiste post-keynésien, HM est l’une des références incontournables lorsqu’il s’agit de comprendre les crises financières. Il a en effet démontré les dangers macroéconomiques des bulles spéculatives sur les prix des actifs. Il a notamment prouvé les méfaits de l’accumulation de la dette et les risques liés au « calme excessif ». Selon HM, la stabilité économique n’est pas seulement suivie par l’instabilité, elle la crée inévitablement.

Pour mémoire : les disciples de HM ont prédit la crise des ¨subprimes¨. Maintenant, ils se font de nouveau entendre à cause de l’effondrement de la volatilité et de l’accumulation effrénée de dette.

 

Deux changements importants arrivent : le pic de liquidité, le creux de l’inflation

La Fed a engagé une normalisation très lente de sa politique monétaire depuis quelques trimestres déjà. D’autres banques centrales anglosaxonnes l’imitent. La BCE la BoJ sont en train de changer leur rhétorique à la marge. Les deux espèrent engager une inflexion progressive cette année, le plus tard serait le mieux. Mais les forces du marché se radicalisent, à la suite du renforcement de l’expansion mondiale et du rebond conjoncturel de l’inflation. Les banquiers pourraient être priés de se conformer plus tôt …

L’alignement des planètes pour une reprise cyclique de l’inflation se met en place. Les marchés obligataires le reniflent déjà. Si la productivité s’améliore davantage, cela pourrait devenir préoccupant. En effet, la thèse de la désinflation enracinée et de la productivité moribonde est maintenant – dangereusement – dominante chez les économistes.

Les marchés, très sceptiques, ont ignoré l’éventualité de tels changements et ont minimisé leurs conséquences. Une courbe de taux étonnamment plate en est l’illustration

 

Gare aux stratégies de vente de volatilité

Les investisseurs avides de rendement – à savoir les institutions – ont été obligés soit de s’orienter vers le crédit de moindre qualité, soit de vendre de la prime d’option (notamment sur la volatilité en actions / obligations). La taille des flux de capitaux concernés est énorme, pour ne pas dire alarmante. Ce grand pool d’actifs n’est pas protégé par une solide digue : beaucoup de positions vendeuses se résorberaient si les taux dépassaient les niveaux considérés comme « infranchissables » par des banquiers-structurateurs complaisants (environ 2,6% sur les obligations d’Etat américaines à 10 ans).

Une cassure alimenterait une volatilité plus élevée, puis des appels de marge et le dénouement de positions importantes, d’où des flux négatifs considérables pour les marchés obligataires. Pour une fois, nous ne prévoyons pas que les banques centrales réprimeraient cette renaissance de volatilité et de taux plus élevés. Elles l’accueilleraient avec  bienveillance, car elle impliquerait a) la confirmation d’un cycle de normalisation, et b) le déclenchement bienvenu du désendettement des investisseurs. En effet, les banquiers centraux du G3 sont récemment devenus plus inquiets de la stabilité financière que de la déflation.

Les marchés n’escomptent pas – du tout – que la BCE et la BoJ quittent bientôt la répression financière. Ce scénario pourrait déclencher une correction des marchés obligataires

Surpondération

  • Liquidités

Neutre

  • Obligations
  • Actions
  • Investissements alternatifs

Sous-pondération

 

 

MACROECONOMIE

OK, la macro est au TOP !

Mais l’allongement du cycle, c’est moins sûr

Il y a quelques années, Pimco et L. Summers ont été les pionniers du concept de Stagnation Séculaire / Nouvelle Normalité, selon lequel la croissance potentielle allait enregistrer un déclin incessant à cause de vents contraires structurels (vieillissement de la population, déclin de la productivité). L’accumulation de dettes, due à la répression financière dans la plupart des économies avancées, a renforcé cette tendance. En bref, ils ont eu raison, car par exemple, la croissance nominale américaine a sous-performé celle des cycles précédents, de plus de 100 pbs, au cours des 10 dernières années. Il n’est donc pas surprenant que cette thèse soit devenue consensuelle. L’investissement mondial – Capex – s’est brutalement effondré en 2008-9. Il est resté moribond depuis, dans le douloureux héritage de Grande Crise Financière, avec une contribution nulle à l’expansion en 2012-3 et 2015-6 ! Peu d’économistes parient désormais sur une croissance américaine supérieure à 2% à moyen terme.

Maintenant, regardons d’un oeil agnostique ce qui se passe sous nos yeux. En effet, le dernier pointage de la croissance mondiale est maintenant proche de 5%, soit environ 1% de plus que la tendance lourde. En effet, depuis 2017, l’investissement en capital redémarre. C’est d’autant plus notable que l’embellie ne provient pas de l’immobilier. Au second semestre, les investissements dans les pays du G3 ont enregistré une hausse trimestrielle annualisée comprise entre 8 et 10%. En 2018, les réserves mondiales de capacité seront progressivement absorbées. Est-ce que ce rebond du cycle de l’investissement est le prélude d’un changement plus fondamental ? Si cela se confirmait, cela augmenterait les chances d’un effet multiplicateur classique (avec « au final » une amélioration durable de la productivité et des salaires).

 

Atterrissage en douceur

L’élan conjoncturel de la Chine a probablement atteint son point culminant en 2017. La stimulation de la demande du début de 2017 s’estompe, laissant la place à l’impact des contraintes plus récentes sur l’offre. L’accent mis par le Parti sur la stabilité financière était une priorité absolue. Une dynamique de crédit plus faible pénalisera logiquement l’expansion, mais une croissance future de bonne qualité est nettement plus saine qu’une croissance alimentée par le crédit. Le cycle de construction, récemment très ferme, décélère nettement. Les déséquilibres du cycle d’investissement se poursuivent, avec une nette prédominance du secteur public. Cela n’augure rien de bon pour la rentabilité de long terme des capitaux et des investissements. Cela finira par s’avérer problématique si XI continue de favoriser le contrôle de l’économie, via le renforcement de la centralisation. Cela devra être surveillé de près.

 

L’inflation – cyclique – arrive

Jusqu’à présent, tout était très calme pour l’inflation américaine. Deux paramètres dérapent. A) Le pays n’a pas besoin des mesures de relance budgétaire qu’il a votées fin 2017. Considérant la phase très mature de son cycle, les risques augmentent qu’un cycle de dépenses d’investissement ne se transforme en surchauffe, provoquant finalement la collision entre politiques fiscale et monétaire (c.-à-d. une Fed beaucoup plus belliqueuse). B) Le facteur pétrole … Comme mentionné dans nos publications précédentes, une hausse trop brutale des prix du pétrole est dangereuse (notamment si le baril de Brent devait dépasser la barre de 80 dollars et se stabiliser, au S118, à ce niveau). Cela exacerberait, d’abord les pressions inflationnistes à court terme, puis agirait comme une taxe sur les consommateurs, entraînant finalement un ralentissement sévère.

Le taux de chômage de la zone euro a régulièrement diminué, pour passer en dessous de 9% maintenant. C’est son niveau le plus bas depuis fin  2008. En principe, avec un décalage habituel, les salaires devraient suivre. Certes, la comparaison avec les précédents cycles est plus délicate, compte tenu de l’obsolescence rapide des compétences sur le marché du travail, due à l’automatisation, la numérisation, etc. Le niveau élevé de réserves / ¨slack¨dans certaines économies peut également réduire l’élasticité des salaires. Néanmoins, les marchés du travail de la zone euro est moins efficient que les marchés anglosaxons. M. Draghi pourrait bientôt faire face à des pressions inattendues pour normaliser plus rapidement sa politique monétaire.

Une hausse significative de l’inflation des prix à la production s’est produite en Chine, ce qui a favorisé la résurgence des bénéfices des entreprises. Elle ne se traduira pas par des dérapages des prix à la consommation, compte tenu du rythme de croissance mesuré attendu en 2018, c’est-à-dire de 5 à 6%. Il ne fait aucun doute que la conjoncture mondiale sera très ferme en 2018, conjuguée à une résurrection inflationniste cyclique

Les principaux risques macroéconomiques (récession en Chine, éclatement de l’euro) sont écartés pour l’instant. Mais une nouvelle ère d’expansion ¨séculaire¨ n’est pas pour demain. Si le cycle du capex américain devait accélérer considérablement, cela re-mettrait sérieusement en cause la thèse du cycle long / ¨Goldilocks¨

 

 

DEVISES

Tout tournera autour des banques centrales … encore

L’USD a chuté contre la plupart des principales devises en 2017. Il n’y avait pourtant rien à signaler sur le front de la croissance américaine en 2017. Elle était tout simplement neutre dans une période d’expansion globale synchronisée, l’USD s’affaiblissant généralement lorsque le reste du monde surperforme. La réforme fiscale pourrait soutenir l’USD au T1 grâce aux rapatriements de capitaux, même si l’impact sera limité. Nous attendons toujours 4 hausses de la Fed pour 2018, mais restons prudents quant à leur potentiel impact renforçateur sur le dollar. Dans le sillage de l’approbation de la réforme fiscale, l’indice du USD a baissé. Si le marché migre rapidement vers le scénario de la Fed, la décote du dollar pourrait se réduire. L’USD est actuellement sousévalué de 7 à 10% par rapport aux spreads de taux à 2 et 5 ans.

L’élan macroéconomique européen explique une grande partie du rallye de 2017. La tendance à la hausse de l’EUR/USD ne pourra se poursuivre que si la croissance de la zone euro surpasse celle des États-Unis. La fin du QE fausse les relations de taux historiques et les flux de capitaux de la même manière que lors de la mise en oeuvre du QE. Une autre source d’inquiétude, même si elle n’est plus ce qu’elle était, est le risque politique, à savoir en Allemagne et en Italie. Le principal risque pour l’EUR est le positionnement extrême actuel. Une réduction complète des positions spéculatives record, au T1, pourrait affaiblir l’EUR/USD de 5%.

La BoJ a annoncé qu’elle réduirait les achats d’obligations de maturités comprises entre 10 et 25 ans de 10 milliards de yens à 190 milliards de yens par opération. Le JPY a immédiatement réagi positivement à cette annonce. Toutefois, cette décision n’est pas particulièrement significative, car le montant des achats a déjà tendance à baisser et ne signale aucun changement important dans la politique monétaire de la BoJ. Compte tenu de cela, l’appréciation du JPY est probablement attribuable à un repli du positionnement à court terme, le JPY restant la devise développée la moins chère. Selon les données IMM, les positions vendeuses de JPY sont gigantesques ; elles sont proches du pic de juin 2007.

Le GBP reste sous-évalué car les incertitudes politiques sont encore élevées. La prime de risque structurelle est importante. Parmi les grandes monnaies développées, le GBP est la deuxième la plus sous-évaluée après le JPY. Le GBP, en NEER, est sousvalorisé de 15% face sa moyenne de long terme. Le resserrement récent de la BoE est principalement motivé par une inflation élevée plutôt que par une économie en plein essor. La baisse du GBP depuis le vote sur le Brexit n’a que légèrement modifié le défi-cit du compte courant. Pendant ce temps, les entrées de capitaux se sont effondrées, ce qui explique la faible valorisation des devises.

Le CHF est maintenant plus proche de sa juste valeur. Certains signes d’une réduction potentielle de la liquidité par le biais des opérations de change de la BNS apparaissent. Les dépôts à vue de la BNS ont diminué au cours de 8 des 9 dernières semaines. Le déclin cumulé représente CHF 7 milliards, soit 1% du PIB et 1% du total des réserves de la BNS. La BNS a recyclé l’intégralité du compte courant suisse en dépit d’interventions sur le marché des changes depuis 2008. La demande d’actifs refuge est un facteur secondaire pour le CHF. Mais cela ne veut pas dire que les sorties permanentes de capitaux de ce trimestre pourraient entraîner une modeste faiblesse supplémentaire du CHF. Enfin, les spreads de taux mondiaux devront s’élargir de manière plus agressive pour que les investisseurs suisses investissent sur les marchés extérieurs et fassent baisser le CHF.

Les autorités chinoises ont supprimé l’impact du facteur anti-cyclique (CCF) dans le fixing du CNY. La déclaration de la PBoC suggère que la sensibilité du CCF pourrait être ajustée au fil du temps. Il a été conçu en 2017 avec un biais asymétrique pour atté-nuer les pressions baissières sur le CNY. Les motivations sont susceptibles de refléter plusieurs facteurs: 1) les commentaires nationaux récents ont mis en garde contre les risques de baisse des exportations en raison d’une appréciation rapide du CNY; 2) entraîner une plus grande volatilité dans les deux sens sur le marché des changes; et 3) enfin, des rendements domestiques plus élevés ont favorisé les en trées de capitaux et, bien que ces flux aient aidé le compte de capital, les autorités sont conscientes de la nature spéculative de ces flux. Si ces facteurs sont susceptibles de tempérer le sentiment sur le CNH à court terme, les perspectives de la balance des paiements chinoise restent positives, tout comme le contexte de croissance, ce qui devrait limiter la faiblesse du yuan.

Surpondération

  • GBP

Neutre

  • USD, EUR, CHF
  • JPY, AUD, CAD
  • EMFX

Sous-pondération

 

 

OBLIGATIONS

La « nouvelle » Fed explique en partie l’aplatissement de la courbe

Historiquement, la courbe des taux a été un outil de prévision fiable. L’aplatissement actuel de la courbe des taux pourrait être considéré comme un signal d’alarme orange. En 2006, lorsque la pente était proche des niveaux actuels, la courbe préfigurait la crise de juillet 2007. Mais il s’agissait des grandes heures de la courbe des taux comme outil de prévision.

Au cours de la période d’aplatissement du milieu des années 1990, les marchés se sont appréciés pendant encore 5 ans avant que les problèmes ne débutent. On peut également soutenir que la courbe actuelle est qualitativement très différente. Auparavant, les banques centrales contrôlaient la partie courte des courbes tout en laissant la partie longue flotter. La pente de la courbe reflétait deux vues différentes. La crise financière a modifié la nature des acteurs. Grâce à toutes leurs mesures non conventionnelles, les banques centrales ont également pris le contrôle de la partie longue. Les études de la Fed concluent que son QE supprime encore 0.50% au taux à 10 ans US. Ceci est confirmé par le niveau anormalement bas des primes de terme. Les réglementations adoptées et les faibles pressions inflationnistes ont également favorisé un achat massif d’obligations longues par les investisseurs institutionnels.

Depuis le milieu des années 80, la courbe des taux n’était pas le seul indicateur à surveiller, le niveau des taux longs était également essentiel. La courbe des taux est restée inchangée lors de la crise des caisses d’épargnes US en 1990, le crack obligataire de 1994, l’éclatement de la bulle de 2000, et la crise financière de 2006. Cependant, en même temps, les taux US ont atteint concomitamment le haut de la tendance baissière de long terme. Donc, les deux ne donnent pas le même message que par le passé.

Pour nous, la courbe des taux n’est pas encore une source de préoccupation. La vraie question est de savoir de combien la courbe des taux est distordue. Quelle que soit la réponse, il est assez probable que la pente de la courbe des taux ne soit pas un signal alarmant.

En 2018, les investisseurs devront tenir compte d’un nouveau FOMC moins expérimenté. Premièrement, le nouveau président de la Fed, Powell, un non-économiste, prendra sa tête en février. Deuxièmement, le Conseil des gouverneurs sera fortement remanié, avec le départ de membres expérimentés comme Yellen, Fischer et l’arrivée probable de Tarullo, Quarles et Goodfriend. Enfin, le président de la Fed de New York, Dudley, devrait démissionner l’été prochain. Le marché devra partir d’une feuille blanche, y compris sur sa communication. Deuxièmement, jusqu’à ce que tous les sièges vacants aient été pourvus, l’équilibre des forces au sein du FOMC ne sera pas clair. Le FOMC a une tradition de consensus et devrait être légèrement moins accommodant. Cependant, tous ces changements compliqueront les prévisions.

Alors que le ratio dette fédérale sur PIB était de 77% lorsque Trump est arrivé au pouvoir, son plus haut niveau depuis Truman en 1945, la dette devrait encore augmenter. Elle atteindra 85% à la fin d’un terme, hypothétique, de 8 ans. Malgré un niveau élevé de dette, la fin de l’année a donné lieu à une multiplication des lois visant à accroître le déficit et d’autres devraient bientôt arriver. Les politiques à l’étude devraient engendrer des milliards de dollars de déficits, pour la première fois depuis 2012. Cela incitera le gouvernement US à émettre davantage d’obligations dans un proche avenir, juste au moment où la Fed commence à réduire ses détentions. Les déséquilibres entre l’offre et la demande referont bientôt surface.

 

Le marché du credit reste une niche

Les spreads du high-yield se sont fortement resserrés depuis novembre dernier dans le sillage de données économiques mondiales favorables et de l’optimisme sur la réforme fiscale qui ont alimenté la demande en actifs risqués. Les spreads HY semblent chers, ils sont de retour sur les plus bas de 2007 et 2014. Chaque fois que le marché a atteint ces niveaux, nous avons connu une forte inversion, les valorisations étaient alors déconnectées des fondamentaux. Une inflexion interviendra dans les mois à venir, l’assouplissement quantitatif mondial se transformant en resserrement global. À cet instant, un choc pourrait avoir lieu. Le rallye de fin d’année ressemble à une capitulation, suggérant que les investisseurs attendent le bon moment pour sortir de ce segment. Comme la Fed est prête à relever ses taux, le tocsin sonne pour la dette high yield.

Surpondération

  • Investment Grade,
  • High Yield, Hybrid/Sub,
  • Emergents devises fortes

Neutre

  • US Treasury, Inflation
  • Périphérie

Sous-pondération

  • Bund Allemand
  • Emergents en monnaies locales

 

ACTIONS

2018 : probable changement de régime pour les actions

2018 devrait être plus volatil. La bonne santé de l’économie globale va pousser les banques centrales à réduire les injections de liquidités qui ont été bénéfiques aux actifs risqués. La Fed a déjà commencé.

Les investisseurs commencent à anticiper une reprise de l’inflation, qui ne sera pas sans conséquence sur les évaluations boursières (PE ratios) si l’inflation devait effectivement repartir à la hausse. Nous avons déjà expliqué que les valorisations actuelles et passées se justifiaient dans un environnement désinflationniste.

Après des années de politiques monétaires très accommodantes, le cycle économique accélère, de manière globale et synchronisée. Les cours des métaux industriels et du pétrole flambent. Et les mesures protectionnistes/anti-globalisation de la nouvelle administration américaine sont plutôt inflationnistes. Récemment, les commentaires des entreprises signalent que les fondements d’une reprise de l’inflation se mettent en place : tant dans l’industrie que les ventes de détail, les entreprises travaillent à plein régime et rencontrent des pressions sur leurs capacités de production. Pour répondre à la hausse de la demande, 1) soit elles engagent du personnel, ce qu’on fait les grands magasins aux US et en Europe en décembre, et/ou investissent plus dans leurs outils de production/service, 2) soit elles augmentent les prix pour calmer la demande. En conclusion, les délais observés fin 2017 sur la chaîne de l’offre pourraient signaler que le pricing power pourrait passer de l’acheteur au vendeur, se traduisant potentiellement par une pression haussière graduelle sur les prix de détail.

A très court terme, le S&P 500 est suracheté, l’optimisme des investisseurs est élevé et la participation des investisseurs privés dans les actions est au plus haut depuis 1996 selon les données de la société d’analyse financière Ned Davis Research, ce qui annonce en général une phase de consolidation. Mais nous n’attendons pas une correction importante au 1er semestre 2018, car les revenus (croissance économique et hausse des prix) et les profits (pic des marges attendu en 2018, voir notre revue La Boussole de décembre 2017) resteront bien orientés. Un des plus importants risques en 2018 est un dérapage inflationniste avec une croissance des profits qui ralentirait, un scénario difficilement envisageable au 1er semestre 2018.

De plus, les investisseurs attendent les prochaines mesures de relance comme le programme américain de dépenses en infrastructure et l’assouplissement possible de la régulation bancaire US. L’impact de la réforme fiscale US sera positif et le rapatriement des liquidités (on parle de $400 milliards) des sociétés US parquées à l’étranger pourraient être utilisées pour des rachats d’actions, des acquisitions ou des investissements dans l’économie réelle. Les sondages auprès d’économistes montrent une forte confiance sur la capacité d’Emmanuel Macron à relancer l’économie européenne; les entreprises sont optimistes. Les opérations de fusions et acquisitions impliquant des sociétés françaises n’ont jamais été aussi élevées depuis 2007.

La faiblesse du dollar est bonne pour les actions américaines et émergentes, ainsi que pour les métaux et le pétrole. Nous avons donc accru notre exposition au marché US et émergents au détriment de l’Europe. Aux US, on favorise les actions domestiques qui profitent des mesures pro-business et de la politique protectionniste – America first -de Donald Trump. La bourse suisse reste attrayante vis-à-vis de la zone euro grâce au recul du franc suisse contre l’euro, à sa position centrale en Europe, profitant pleinement de la reprise européenne, et à son ouverture sur les marchés globaux grâce à des sociétés compétitives. Nous surpondérons le Japon : le yen a réussi à contenir son appréciation par rapport au dollar et les perspectives de reflation de l’économie sont réelles.

Dans cet environnement, il ne fait guère de doute qu’il faille surpondérer les secteurs Value et souspondérer les secteurs Croissance. A surpondérer : Discrétionnaire, Finance, Energie et Santé. A sous-pondérer : Télécoms et Servies aux collectivités.

La Pharma (secteur Croissance) est un cas particulier en raison des valorisations boursières attrayantes.

Surpondération

  • Suisse
  • Japon
  • Grandes capitalisations
  • Value
  • Discrétionnaire, Energie, Financières, Santé

Neutre

  • US
  • Europe
  • Emergents, Chine
  • Petites/moyennes capitalisations
  • Croissance
  • Consommation de base, Industrie,
  • Technologie, Matériaux

Sous-pondération

  • UK
  • Télécommunications, Services aux collectivités

 

INVESTISSEMENTS ALTERNATIFS

Les métaux sont un thème essentiel

Malgré la sortie de la politique monétaire accommodante de la Fed, le dollar a perdu plus de 10% en un an et les taux d’intérêt sont restés bas. Cette tendance est favorable à l’or. Considéré comme un actif financier pur, l’or profite également de la bulle sur les cryptomonnaies, les investisseurs se protégeant contre les risques collatéraux d’une explosion possible de cette bulle. Avec l’émergence des cryptomonnaies, intangibles et digitales, de nombreux investisseurs devraient acheter de l’or, un actif tangible et stockable dans des lieux sûrs. La banque centrale de Chine serait tentée de réduire ses achats de Treasury US au profit de l’or.

Les prix des métaux industriels devraient rester fermes. La croissance économique accélère et elle est globale et synchronisée. La demande chinoise va rester forte, alors que le reste du monde va rattraper une partie de son retard. En 2018, l’Asie ne devrait donc plus être le seul moteur de la demande en métaux industriels. Les dépenses en infrastructure vont s’accélérer de manière globale. La réduction des surcapacités en Chine pour atténuer la pollution va être bénéfique à l’aluminium et à l’acier et compensera les effets d’une politique monétaire plus restrictive sur le secteur immobilier. Dans l’acier, la mise en place d’usines moins polluantes nécessitera l’utilisation d’une qualité supérieure du minerai de fer, favorable à BHP Billiton, Vale et Rio Tinto. Concernant le cuivre, la balance offre-demande est bien équilibrée, mais le Chili et le Pérou, les 2 plus importants producteurs de cuivre (38% de la production mondiale), vont faire face à d’importantes négociations salariales dans les 2 prochaines années qui pourraient conduire à des grèves. Le lithium et le cobalt vont profiter de la hausse de la demande de batteries pour les voitures électriques.

Les Etats-Unis ont produit 9.7 millions de barils/jour en octobre 2017, soit le plus haut niveau depuis 1971. Malgré le retour des Américains sur les marches mondiaux, le cours du brut continue de monter. Les raisons : la demande croît et l’accord OPEP-Russie fonctionne. Les Emirats Arabes Unis anticipent une solide année 2018 avec une confirmation du rééquilibrage offre-demande. Le prix du pétrole restera soutenu en 2018. L’Arabie saoudite, 1er exportateur mondial et 2ème producteur mondial, derrière la Russie, a besoin d’un prix stable autour des $70 pour le Brent pour réussir sa transition économique et sociétale et l’IPO d’Aramco, prévue en 2018 et probablement lancée sur la bourse domestique saoudienne selon les dernières informations. La situation politique et économique interne iranienne et les tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran sont d’autres facteurs qui pourraient maintenir les cours du pétrole hauts. Comme les métaux, le pétrole a aussi profité de la baisse du dollar.

Surpondération

  • Métaux précieux
  • Métaux industriels

Neutre

  • Energie
  • Immobilier
  • Hedge Funds

Sous-pondération

 

Téléchargez le document en cliquant ici

 

Disclaimer
Ce document est uniquement à titre d’information et en aucun ne peut être utilisé ou considéré comme une offre ou une incitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières ou d’autres instruments financiers. Bien que toutes les informations et opinions contenues dans ce document ont été compilés à partir de sources jugées fiables et dignes de foi, aucune représentation ou garantie, expresse ou implicite, n’est faite quant à leur exactitude ou leur exhaustivité. L’analyse contenue dans ce document s’appuie sur de nombreuses hypothèses et différentes hypothèses peuvent entraîner des résultats sensiblement différents. Les performances historiques ne sont nullement représentatives des performances futures. Ce document a été préparé uniquement pour les investisseurs professionnels, qui sont censés prendre leurs propres décisions d’investissement sans se fier indûment à son contenu. Ce document ne peut pas être reproduit, distribué ou publié sans autorisation préalable de Plurigestion SA.